Le 14 juillet 2021, en pleine fête d'anniversaire de sa filleule, entouré des gens qui comptent, une petite voix lui hurle une question qu'il n'attendait pas ce soir-là. « Ça vaut le coup de faire ce que tu fais là ? Non ? Alors fonce sur ce nouveau livre de ta vie ! » Jonathan Serait a alors une carrière de manager dans l'industrie, aucune expérience du monde équestre, et une intuition qui ne le lâche plus. Cinq ans plus tard, il dirige HÄSTAR ÉquiCoaching, à Rouen, et fait descendre des dirigeants normands de leur tour d'argent, un cheval à la fois.
Né à Rouen, grandi à l'autre bout du monde
L'histoire commence loin de la Normandie. À deux ans, la famille s'installe en Nouvelle-Calédonie. La moitié du temps en caserne militaire, l'autre moitié dans la tribu de sa nourrice. Un grand écart culturel qui forge un regard singulier sur les gens et les systèmes. Côté maternel, ce sont des entrepreneurs, principalement dans l'artisanat d'art, qui donnent le ton d'une vie professionnelle exigeante. « J'en suis un pur produit. L'entreprenariat avec de la rigueur et le goût de l'excellence », résume-t-il.
À l'école, il joue au faux intello, bon élève sans forcer, mais jamais tranquille. Le décalage avec les autres, avec les professeurs, s'ajoute à la pression familiale de réussite. « La période scolaire a été fournie d'anxiétés fortes. L'échappatoire a été simple : entreprendre », confie-t-il. La fibre est là bien avant qu'il n'ait à travailler lui-même : dès ses dix ans, il baigne dans les sociétés créées et dirigées par sa mère, au retour de la famille en métropole.
Suivent des années qu'il qualifie lui-même de variées. Immobilier, aménagement de bureaux, restauration, inclusion du handicap dans des lycées, vérification fonctionnelle et réglementaire incendie, industrie. À chaque fois qu'il raconte ce parcours, la même réaction revient. « Mais Jonathan, combien de vies as-tu eues ? » Toutes ces expériences, dit-il, servent encore aujourd'hui ses missions. Et lui, débarrassé de l'entreprise et de la carte de visite ? « Je suis un faux calme. Très observateur, très exigeant. Pour moi mais autant pour les autres. » Un homme fasciné par le fonctionnement des choses, des mécaniques au vivant, serviable au risque de verser dans le sauveur.
Le jour où un cheval a changé sa vie
Manager dans l'industrie, Jonathan Serait sait que ses compétences relationnelles et managériales ont besoin d'être travaillées. Il se fait accompagner par une coach, découvre le développement personnel de l'intérieur. Un jour, elle lui propose de tester l'équicoaching. Il refuse en bloc, sceptique. Puis il vit la séance, d'abord en individuel, puis en collectif. Sans le savoir encore, il vient de passer le premier jour de sa nouvelle vie.
Il se met alors à s'intéresser aux chevaux, qui ne l'avaient jamais séduit jusque-là, puis au protocole lui-même, jusqu'à vouloir s'y former entièrement. Ce qui l'a convaincu, c'est la rapidité des prises de conscience et la vitesse de mise en application. Un constat guide sa démarche : trop de consultants entretiennent, selon lui, « la vache à lait que deviennent leurs clients ». Le cheval, lui, ne cherche pas à plaire. « Il se fiche de ce dont nous avons envie. Il ne cherchera pas à nous faire plaisir ou à nous flatter. Il cherchera à faire de nous une personne plus confiante, plus inspirante et plus robuste. »
Risquer de passer pour un fou
Se lancer sans être cavalier, sans venir du monde du cheval, pour proposer une expérience transformatrice grâce à cet animal : le pari a de quoi faire sourire. « Risquer de passer pour un fou ! », résume-t-il, sans détour. Il est passé pour un fou, effectivement. Mais les critiques, dit-il, en disent plus sur ceux qui les formulent que sur lui.
« Jonathan, tu es arrivé il y a six mois sans rien connaître au cheval. Est-ce que tu mesures ce que tu es en capacité de faire vivre aux gens maintenant ? Alors tu t'accroches et tu vas en faire ton métier. Ce n'est pas un conseil, c'est un ordre. »
Cette phrase, c'est son formateur en équicoaching, référence francophone du domaine, qui la lui adresse alors même qu'il prône généralement que personne ne peut vivre de cette activité seule. Le déclic vient aussi des premiers retours clients, qu'il décrit comme dithyrambiques. « J'ai compris plus de choses en une séance avec toi que pendant vingt ans de thérapie avec mon psy », lui a-t-on dit un jour. « C'est mon carburant », résume-t-il aujourd'hui.
L'efficience relationnelle plutôt que le brossage dans le sens du poil
Concrètement, HÄSTAR ÉquiCoaching accompagne dirigeants et équipes managériales sur l'évolution du fonctionnement relationnel et les compétences comportementales.Le but : révéler nos fonctionnements en situation inattendue, pour transformer l'imprévu un non évènement.
Les formats vont de la séance individuelle au séminaire collectif, sous forme de programme suivi, de découverte ou de teambuilding. Jonathan Serait souhaite particulièrement développer les séances individuelles pour dirigeants stratégiques, personnalités publiques à forte influence et équipes managériales de très haute responsabilité.
Ses clients sont souvent des dirigeants si influents que plus personne ne leur parle vrai, bloqués dans ce qu'il appelle une tour d'argent dangereuse. La méthode repose sur un protocole de mise en relation homme-cheval : l'animal met instantanément en évidence les traits de comportement qui font, ou non, d'une personne quelqu'un de confiance. Prenons un exemple. Un dirigeant vit toujours le même schéma, sans savoir pourquoi. « On laisse le cheval œuvrer. Il mettra, par nature, la brèche en lumière. En une demi-journée vous repartez avec la conscience de l'origine du problème, quelle est la brèche. » La solution n'est pas sur un post-it à relire, elle devient un réflexe.
Ce qui le distingue, selon lui : l'art du questionnement, un sens de l'observation qui ne laisse rien passer, et surtout l'absence de passé avec les chevaux. Ne pas être cavalier l'a prémuni, dit-il, d'une quantité incroyable de préjugés et d'anthropomorphismes. Un concurrent aurait du mal à copier sa capacité à faire mouche, à cueillir le client exactement sur son sujet d'urgence.
Le cheval met toujours le sabot où il faut
Un CODIR accompagné il y a quelques mois lui a résumé les effets de la méthode en une phrase qui vaut tous les indicateurs. « Oh les gars, comme ça, le cheval n'avancerait pas. Alors on se reprend et on avance. On gagne un temps fou. » Un autre CODIR a même instauré un rendez-vous hebdomadaire baptisé "poney club", dédié à traiter les sujets internes selon les apprentissages du séminaire.
Au départ de ces accompagnements : des incompréhensions, des blocages, des conflits, un manque de confiance, d'engagement, de motivation, d'autonomie. Après les séances individuelles puis collectives, la qualité de la relation de confiance revient au centre des préoccupations. Résultat : des objectifs dépassés, avec moins d'efforts. Ce que Jonathan Serait appelle l'efficience opérationnelle, obtenir plus en demandant moins. Sa plus grande fierté ? Quand un client, des mois ou des années plus tard, lui raconte encore ce que la séance a changé chez lui et dans son équipe.
Une générosité totale et sans méfiance
Le chemin n'a pas été linéaire. Rendre la pratique crédible a été la première difficulté, quand tout le monde tombait de sa chaise. Puis trouver le bon positionnement tarifaire. Ensuite composer avec des rencontres, des engagements, des personnes peu fiables ou des référentiels de valeurs éloignés des siens. Il lui arrive encore de penser à tout vendre pour aller vivre au vert. « Je me suis toujours dégonflé parce que je suis accro aux retours de mes clients, à cette étincelle qui se met à briller, tôt ou tard, dans leurs yeux face aux chevaux. »
L'erreur qui l'a le plus fait grandir : « Une forme de générosité totale et sans méfiance. » Un sentiment d'aigreur à court terme, mais aucun dégât durable, et surtout une meilleure connaissance des capacités relationnelles, plus ou moins obscures, de chacun. De quoi enrichir chaque accompagnement suivant. Le conseil qu'il retient pour tout entrepreneur : mettre plus à l'épreuve, et le plus tôt possible, la qualité de confiance des autres, en s'inspirant du fonctionnement même du cheval. Ces épreuves ont aussi changé sa façon de diriger : davantage de confiance dans les signes avant-coureurs, et le réflexe d'assumer les red flags au plus tôt.
Une fondation pour les chevaux de l'armée
Interrogé sur son prochain grand cap, Jonathan Serait retourne la question à ses propres clients : si demain plusieurs millions arrivaient sur leur compte, continueraient-ils à faire ce qu'ils font ? Il se l'applique à lui-même, et la réponse est oui, pas au même rythme, mais oui. À trois ou cinq ans, son projet prend une tournure différente : une fondation. Il a déjà accueilli des chevaux réformés de l'armée, lui qui ne monte pourtant pas à cheval, avec l'envie de leur offrir la retraite qu'ils méritent après une vie entière au service des humains et de la nation.
Sur le volet business, il souhaite avant tout développer les accompagnements de dirigeants et de CODIR, portés par la recommandation de clients passés. Ce qu'il refuse de perdre en grandissant : la signature de ses accompagnements, quitte à préférer la stabilité, voire la décroissance, à une croissance qui diluerait la qualité. « D'avoir su rester moi-même, en ayant distillé toujours le même niveau de qualité d'accompagnement », c'est ce qu'il veut pouvoir dire dans dix ans.
Il cherche aujourd'hui à rencontrer des personnes aux missions stratégiques de pointe, qui veulent gagner un ou plusieurs crans dans leurs qualités d'être, ainsi que des consultants, coachs et formateurs en management, leadership et excellence opérationnelle avec qui construire des passerelles. Une rencontre pourrait particulièrement changer la donne : celle d'une personnalité publique dont la confiance inspire ses pairs. Pour amorcer ce premier pas, HÄSTAR ÉquiCoaching propose un audit et un premier échange offerts, à découvrir sur hastar.fr. Le message s'adresse, dit-il, à toute personne qui en a assez des consultants ou coachs de masse et qui veut vivre une claque expérientielle inégalée.





