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Le Havre

Au Havre, il a racheté sa boîte pour ne jamais changer de trottoir

Financements normands8 min de lecture
Au Havre, il a racheté sa boîte pour ne jamais changer de trottoir

Naïk a racheté l'agence où il était salarié, misé toutes ses économies, et dirige aujourd'hui deux réseaux nationaux depuis Le Havre.

Dix ans après avoir racheté l'agence où il était salarié, Naïk résume son ambition la plus profonde en une phrase brute : « De ne pas changer de trottoir. » Au Havre, ce courtier en crédit immobilier a construit Financements normands, fondée en 2016, en partant d'un pari risqué : toutes ses économies englouties dans le rachat d'une société, puis un marché étudié nuit et jour pour tenir la promesse faite à lui-même. Aujourd'hui, il pilote deux réseaux nationaux depuis la Normandie et vise le sommet du courtage français.

Le Havre, les chiffres et le travail

Naïk a grandi au Havre. Il n'en dit pas davantage sur son enfance, sinon que sa famille lui a transmis très tôt une conviction simple, sans grand discours ni méthode particulière : « Beaucoup de valeurs, qu'il faut travailler beaucoup. » Une phrase qui tient lieu d'héritage, ancrée comme une évidence plus que comme un principe éducatif. À l'école, il ne brille pas par l'assiduité, et le reconnaît sans détour ni excuse : « Très distrait. »

Son parcours professionnel commence de façon plus classique, dans la banque et la finance. Une expérience qui lui donne les codes du secteur, la rigueur des chiffres, la culture du crédit et de l'assurance. Mais l'envie d'entreprendre le travaille depuis bien plus longtemps que cette première carrière salariée : « Oui, toujours, depuis le plus jeune âge j'ai eu envie d'entreprendre. » Quand on lui demande qui il est, une fois enlevées l'entreprise, la fonction et la carte de visite, la réponse ne varie pas d'un iota : « Une personne sympathique qui aime rencontrer des personnes et apprendre des autres. »

Le rachat, un pari sur soi

L'histoire de Financements normands ne commence pas par une création, mais par un rachat. Naïk était salarié de la société avant d'en devenir le propriétaire : « J'étais salarié de la société et je les ai rachetés. » Le déclic, lui, remonte à bien plus tôt, au tout premier contrat stable qu'il décroche dans sa carrière : « Dès que j'ai rencontré mon premier employeur CDI. » Ce jour-là, quelque chose se met en mouvement, une conviction qui ne le quittera plus jamais.

Reprendre une entreprise, ce n'est pas signer un papier. C'est engager ce qu'on a construit pièce par pièce. Naïk ne l'édulcore pas quand on lui demande ce qu'il a dû risquer pour se lancer.

« J'ai mis toutes mes économies. »

Pas de filet, pas de plan B annoncé. La suite, il la construit à la force du travail plutôt qu'à celle de la chance : « Dès que j'ai repris la société, j'ai beaucoup étudié le marché. » Le marché du crédit immobilier normand, il ne le découvre pas à la légère, il le dissèque, secteur par secteur, pour comprendre où porter ses efforts et convaincre ses premiers partenaires que le pari tenait debout.

Le Covid et la confiance trahie

La période la plus dure, il ne cherche pas à l'enjoliver ni à la minimiser : « Le Covid, quand on ne savait pas où l'on allait. » Une agence à faire tourner, une équipe à rassurer, un marché du crédit à l'arrêt du jour au lendemain. Pourtant l'idée d'arrêter ne l'a jamais traversé, dit-il avec une forme de sobriété : « Non, il faut aller jusqu'au bout. »

L'erreur la plus coûteuse, elle, ne vient pas du marché mais des hommes. Naïk la formule sans détour, sans chercher à se dédouaner : « De faire trop confiance. » Une leçon apprise à ses dépens, qui a changé durablement sa manière de recruter et de s'entourer. Pour rebondir, il choisit une méthode simple, presque radicale dans sa clarté : « En choisissant les meilleurs pour aller de l'avant. »

Depuis, sa façon de diriger a changé de nature. Il observe davantage avant d'accorder sa confiance, il prend le temps de comprendre ce qu'on attend réellement de lui : « Plus analyser les gens, savoir ce qu'ils attendent de moi. » S'il devait donner un conseil à l'entrepreneur qu'il était au premier jour, ce serait celui-ci, sans détour : « Plus me méfier des gens. »

Deux réseaux, une même vision

Après cinq ans à la tête de la première agence de France d'un réseau national, Naïk choisit d'entreprendre autrement plutôt que de rester dans un modèle qu'il connaît par cœur. Il développe aujourd'hui deux structures en parallèle depuis Le Havre : un réseau de courtage en crédit immobilier où chaque concessionnaire est associé, et ASSURTEK, cofondé avec Fallone, dédié à l'assurance emprunteur pour les mandataires et courtiers. « Deux métiers, une même vision : entreprendre ensemble », résume-t-il.

Ses produits tiennent en deux mots : crédits et assurances. Mais il refuse toute hiérarchie entre ses offres ou ses profils de clients. À la question de savoir lesquels développer en priorité, ou qui sont ses clients, sa réponse est la même, sans distinction ni tri : « Tous. » Une manière de dire qu'aucun dossier n'est traité à la marge, aucun profil laissé de côté, dans un bassin havrais où les besoins de financement vont du premier achat immobilier aux projets professionnels les plus structurés.

Concrètement, un client qui pousse la porte de Financements normands cherche un crédit. La réponse de Naïk tient en une phrase, directe comme toutes les siennes : « Vous cherchez un crédit et je vous propose la meilleure solution. » Derrière cette simplicité apparente, un travail de comparaison permanent sur le marché, et un objectif unique répété à chaque dossier : « Leur trouver la meilleure offre du marché. »

Disponible 7/7

Sur un marché du courtage où les acteurs se ressemblent souvent, Naïk revendique une différence qui tient autant à sa méthode qu'à sa personnalité. Il la résume sans fioriture : « Disponible 7/7. » Une promesse de réactivité qu'il tient comme un principe, pas comme un argument marketing plaqué sur une plaquette commerciale. À la question de savoir ce qu'un concurrent aurait du mal à copier, il répond sans détour, mi-amusé mi-sérieux : « Mon prénom et mon savoir être. »

Ce qui fait rester ses meilleurs clients, ce n'est ni un taux ni une offre exceptionnelle isolée, mais une relation qui dure : « Ils apprécient mon savoir être. » Et ce que ses clients disent de lui sans qu'il ose forcément le formuler lui-même tient en trois mots, un brin autodérisoire : « Je suis très speed. »

Devenir la première agence de France

La preuve la plus tangible de sa méthode, Naïk la situe dans les projets les plus ambitieux, ceux où il fallait avant tout « trouver un cadre ». Sa réponse a toujours été la même face à ce type de défi : s'entourer des meilleurs plutôt que de tout porter seul. « Je me suis entouré des meilleurs », dit-il, sans détailler davantage, comme si la formule suffisait à elle-même. Le résultat, lui, a de quoi marquer un parcours.

« Je suis devenu première agence de France rapidement. »

Une performance qui aurait pu suffire à nourrir une fierté classique, mesurée en classement ou en volume d'affaires. Mais quand on l'interroge sur ce qui le rend le plus fier aujourd'hui, Naïk ne parle pas de chiffres : « D'être reconnu en tant que businessman. » Une reconnaissance qui compte davantage, pour lui, que n'importe quel podium régional ou national.

Le prochain cap, numéro un en France

L'ambition de Naïk ne se cache pas derrière des formules prudentes. Il veut « devenir le réseau de courtage numéro un en France ». Dans trois à cinq ans, l'entreprise qu'il veut construire ne se mesure pas seulement en volume de dossiers signés : « Une entreprise avec des valeurs humaines », portée par « une vraie cohésion entre tous ». Ce qui pourrait accélérer cette croissance, selon lui, tient en une ligne de conduite plus qu'en une stratégie : « De garder mes valeurs. »

Pour porter cette ambition, Financements normands ouvre justement la voie à de nouveaux concessionnaires associés partout où le réseau souhaite grandir. C'est l'offre que Naïk met en avant aujourd'hui, une manière concrète de rejoindre le mouvement plutôt que de l'observer depuis Le Havre ou ailleurs en Normandie.

Grandir, oui. Mais pas à n'importe quel prix. Ce qu'il ne veut surtout pas perdre en chemin, il le formule sans détour : « Rester les pieds sur terre. » Les profils qu'il souhaite désormais croiser davantage sont à l'image de cette ambition assumée : « Des personnes ambitieuses », accompagnées de « des partenaires solides et structurés ». Une rencontre en particulier pourrait changer la donne pour la suite du réseau : « Des personnes influentes m'aidant à avancer. »

Reste une dernière question, celle qui résume tout le reste : qui devrait le contacter en lisant cette interview ? Sa réponse ne fait aucun tri : « Toutes les personnes ayant envie d'entreprendre. » Dans dix ans, au-delà des chiffres et des classements, Naïk ne demande qu'une chose à cette aventure normande : ne jamais avoir à changer de trottoir.

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