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Rouen

De la vente de cailloux sur la plage au pilotage de 950 e-commerces

DIGIACTIF8 min de lecture
De la vente de cailloux sur la plage au pilotage de 950 e-commerces

À Rouen, le fondateur de Digiactif raconte vingt ans de web, une première vente à 1,80 € et l'accompagnement de plus de 950 e-commerçants normands.

Sa première vente en ligne lui rapporte 1,80 €. C'est en 2006, sur un système d'audiotel qui s'appelle Allopass, et il garde encore aujourd'hui tous les relevés de gains de l'époque. À ce moment-là, il a 23 ans, il code seul le soir, chez ses parents, à Déville-lès-Rouen. À la question de savoir quand il s'est dit pour la première fois que ça pouvait marcher, il répond sans détour : « Quand j'ai fait ma première vente par Allopass. » Cinq ans plus tard, cette intuition est devenue Digiactif, une agence rouennaise qui a depuis accompagné plus de 950 projets e-commerce.

Des cailloux vendus sur la plage au e-commerce

Né à Rouen en 1983, il grandit à Déville-lès-Rouen, dans une famille où l'on ne discute pas la valeur travail. « Des parents employés du secteur bancaire, on m'a toujours dit qu'il fallait travailler pour gagner sa vie. La valeur travail est importante », résume-t-il. Il voit ses parents partir travailler du lundi au samedi, sans exception. À l'école, il ne s'illusionne pas sur ses ambitions scolaires : « À quoi bon avoir 18 quand un 10 suffit pour avancer dans un parcours qui ne m'intéresse pas. » La fibre entrepreneuriale, elle, remonte à bien plus tôt que le web. À 10 ans, il ramasse des cailloux sur la plage à l'entrée d'un camping et les revend aux vacanciers. « Mon record de CA à l'époque doit être de 5 francs en 1 semaine ! »

Du vélo à Vichy au clavier

Le chemin vers l'entrepreneuriat numérique passe d'abord par le sport. Bac scientifique en poche, il vise une carrière de sportif de haut niveau, s'inscrit en fac de sport à Mont-Saint-Aignan avec des horaires aménagés, tente un brevet d'État des activités du cyclisme à Vichy, qu'il rate à cause, dit-il, d'une erreur de pédagogie. S'ensuivent un peu d'intérim, un CDI chez Décathlon puis deux ans chez Sport 2000. C'est en parallèle de ce parcours, en autodidacte, qu'il apprend le développement de sites web. Personne ne le lui a demandé. Personne, à l'époque, ne l'attend sur ce terrain-là.

En caleçon dans sa chambre, la première vente

Le déclic prend forme en 2006 : des sites de loterie en ligne par audiotel, quelques ventes de cheats pour Counter-Strike, puis un site de codes promo qu'une société étrangère lui rachète quelques mois plus tard. Un ami lui propose alors de s'associer pour apporter ses compétences techniques. L'association dure un an. En 2011, il crée Digiactif seul. Sa lecture du web à l'époque tient en une phrase : « Depuis un ordinateur connecté à internet on peut s'adresser à n'importe qui n'importe où n'importe quand du jour et de la nuit. » Il n'a rien risqué financièrement, tout est construit de ses mains, si ce n'est quelques tensions familiales. « J'avais identifié que le web était l'avenir. Si je trouve un moyen de faire une offre qui répond à un besoin, c'est jackpot, tout ça en caleçon dans ma chambre chez mes parents. »

L'IA a failli avoir sa peau

Quinze ans de développement continu n'immunisent contre rien. Fin 2023, l'arrivée de l'intelligence artificielle bouscule tout le métier. « Tout le métier a dû être repensé. Tous les budgets étaient comme gelés », raconte-t-il. Il pense sérieusement à tout arrêter, revenir en auto-entreprise, moins de clients, moins de charge administrative, des revenus meilleurs pour moins de tracas. Ce qui le retient, ce n'est pas le confort du présent mais les perspectives d'évolution. L'erreur qu'il en tire est nette : se reposer sur vingt ans de savoir-faire ne suffit plus.

Avant on pouvait s'en sortir en bricolant. Aujourd'hui, c'est soit tu performes soit tu meurs, il n'y a plus d'entre-deux.

Le rebond passe par une refonte complète du pourquoi de l'entreprise. Créer un site, corriger des bugs, l'IA le fait déjà mieux que lui. Ce qui reste, c'est l'accompagnement et la vision, la capacité à transformer la technique en décisions business. « Je ne dirige pas, je pilote un équipage, employés ou clients. Sans spécialistes à mes côtés, Digiactif est très fade. Sans clients qui font confiance à Digiactif, je n'ai rien à piloter », dit-il aujourd'hui de sa manière de diriger.

Faire tourner la machine derrière

Concrètement, Digiactif accompagne des entreprises qui vendent en ligne sous PrestaShop et qui n'en peuvent plus de gérer seules la technique et le marketing de leur boutique. Maintenance, hébergement, SEO, acquisition, développement spécifique : l'agence prend en charge la mécanique pour que le dirigeant se concentre sur son catalogue et ses clients. « Notre boulot, c'est assez simple : faire tourner le bouzin », résume-t-il, avant de préciser l'ambition derrière la formule : ne plus être l'agence qu'on appelle uniquement quand quelque chose casse, mais celle qui voit venir les problèmes et qui sait orienter les prises de décisions. Ses clients réalisent généralement plus de 200 000 € de chiffre d'affaires en ligne, le plus important ayant atteint 40 millions d'euros par an.

Le vrai problème qu'il résout n'est jamais purement technique. « Le problème principal qu'on résout, ce n'est finalement pas PrestaShop. C'est la charge mentale liée au e-commerce », explique-t-il. Beaucoup de responsables passent leur temps à courir après leur développeur, leur hébergeur ou leur agence SEO, et c'est encore à eux d'identifier les problèmes. Pour un e-commerçant de 1 000 ou 2 000 produits qui sent son site stagner sans savoir par où commencer, Digiactif ne vend pas d'emblée une refonte : l'équipe cerne l'existant, priorise ce qui peut vraiment générer du business, et pilote l'ensemble avec le client via ATLAS, leur plateforme maison. « Concurrencer Amazon avec 5000€ de budget de départ, ce n'est pas possible... », rappelle-t-il, sans détour, quand une demande n'a pas de sens business.

Vous faites avancer votre boîte. Nous, on fait tourner la machine derrière.

950 projets, et le client qui rappelle 15 ans après

La preuve se lit dans les projets menés : la refonte de dpsg.fr, le développement d'un configurateur d'étiquettes relié aux machines d'impression pour mespetitesetiquettes.com, une stratégie de visibilité générant plus de 500 000 vues pour boutique-resto-classic-car.com, ou encore la maintenance technique d'officedepot.fr.

Digiactif publie d'ailleurs régulièrement des études de cas e-commerce.

Mais le résultat dont il tire le plus de fierté n'est pas le plus spectaculaire. « Mon meilleur résultat, ce n'est probablement pas le site le plus impressionnant qu'on ait réalisé. C'est le client qui nous appelle encore 15 ans après », confie-t-il. Sur les avis Google, où l'agence affiche une note de 5/5 sur plus de 50 avis, un prospect récent lui a rétorqué que c'était « forcément douteux ». Il assume : ses vrais clients peuvent en témoigner.

Cette exigence a un prix, celui de refuser parfois la prestation. « Je préfère qu'on perde une prestation plutôt que de facturer quelque chose dont je ne comprends pas l'intérêt business », affirme-t-il, et c'est peut-être là que se joue la vraie différence avec la concurrence : ne pas se contenter d'exécuter des tickets, mais comprendre pourquoi on les fait. Vingt ans de business en ligne et quinze ans de Digiactif ont accumulé des process, des outils, des situations vécues que la concurrence peut copier prestation par prestation, mais rarement dans leur ensemble.

Trois recrutements et un cap à 1000 marchands

L'agence, basée à Rouen, vise désormais trois nouveaux postes à pourvoir d'ici un an, pour muscler l'accompagnement récurrent des e-commerçants normands et dans la France entière. L'objectif de fond : devenir l'équipe e-commerce externalisée du client plutôt que le prestataire qu'on rappelle tous les trois ans pour une refonte. En grandissant, une seule ligne rouge : « L'humain et la vision métier », qu'il ne veut surtout pas perdre.

Pour les dirigeants et responsables e-commerce qui reconnaissent cette charge mentale, ceux qui génèrent déjà du chiffre mais passent trop de temps à gérer la technique et leurs prestataires, Digiactif propose un audit gratuit de leur situation. L'idée n'est jamais de tout refaire, mais de faire progresser ce qui existe déjà.

Digiactif cherche aussi à construire au-delà de ses clients directs : des consultants e-commerce, des agences de communication ou de branding, des experts SEO, des éditeurs de logiciels, des intégrateurs ERP, des freelances de la digitalisation. La rencontre qui changerait vraiment la donne serait celle d'un acteur travaillant déjà avec des centaines d'e-commerçants, un éditeur de logiciel, une solution de paiement, un acteur de la logistique, avec lequel le savoir-faire de l'agence et sa plateforme ATLAS pourraient bénéficier à 100, 500 ou 1 000 marchands. Dans dix ans, il ne mesure pas la réussite au seul chiffre d'affaires. Il veut une entreprise qui ne dépend plus de lui pour fonctionner, une équipe solide, des clients fidèles depuis des années, et pouvoir regarder les trente ans de Digiactif en se disant qu'il a construit quelque chose d'utile et de durable.

3597 Rte de Neufchâtel, 76230 Bois-Guillaume 02 78 77 03 37 https://digiactif.fr

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