Il y a une phrase qui revient chez lui comme un mantra, celle du bon moment, ni trop tôt ni trop tard. « L'expérience professionnelle et l'âge, le maintenant ou jamais. » C'est ainsi qu'il résume le déclic qui l'a poussé à créer ELLAP, jeune entreprise rouennaise du bâtiment née en 2026, entre conception, suivi de chantier et accompagnement des maîtres d'ouvrage. Derrière cette phrase courte, un homme qui a passé des années sur les chantiers avant de décider, un jour, d'en devenir le patron.
Un fils du bâtiment, biberonné au mérite
Laurent Poulain a grandi dans un milieu familial issu du bâtiment. Le travail, chez lui, n'était pas une option : c'était la règle du jeu. « J'ai toujours été baigné dans le monde du travail, chez moi il fallait mériter pour recevoir », raconte-t-il. Rien de spectaculaire dans son parcours scolaire, il le décrit lui-même sans détour : « Un élève normal je dirais, qui écoutait plutôt ce qui l'intéressait. » Une phrase simple, qui dit déjà tout d'un caractère qui ira chercher ce qui le concerne vraiment, et laissera filer le reste.
Ce rapport au travail, il l'a construit sur le terrain, littéralement. « J'ai commencé sur le terrain en tant qu'ouvrier, puis j'ai eu des postes de métreur, conducteur de travaux, chargé d'affaires et responsable d'agence », résume-t-il. Un parcours qui grimpe barreau par barreau, sans raccourci. Quand on lui demande qui il est, une fois qu'on enlève l'entreprise, la fonction, la carte de visite, sa réponse ne parle ni de chiffres ni de titres : « Je suis quelqu'un qui s'adapte à l'environnement et apprend assez vite, donc je peux rebondir dans pas mal de domaines. »
« Retourner à l'école, quitter un emploi stable, investir et tout recommencer à zéro »
La fibre entrepreneuriale, il ne la découvre pas sur le tard, elle a toujours été là, tapie derrière les postes salariés. « Oui en quelque sorte, j'ai toujours suivi mes convictions et j'aime l'autonomie », confie-t-il. Ce qui l'a fait basculer vers la construction en particulier, c'est le contact direct avec le client et la vision d'ensemble d'un projet, du premier trait de crayon à la réception du chantier. L'opportunité qu'il identifie à ce moment-là n'est ni un marché, ni une niche : « L'accompagnement, être là et avoir un rôle qui rassure. »
Se lancer, à ce stade de carrière, ce n'est pas un pari sans conséquence. Il le dit sans détour, sans grandiloquence non plus.
« Retourner à l'école, quitter un emploi stable, investir et tout recommencer à zéro. »
Ce qu'il a risqué, il ne l'édulcore pas. Un salaire, une position acquise après des années de terrain, une forme de sécurité, tout cela mis en jeu pour monter ELLAP. La première preuve que le pari tenait la route n'est venue ni d'un contrat signé, ni d'un chiffre d'affaires. Elle est venue des mots des clients eux-mêmes : « Quand les clients me disent merci », répond-il, quand on lui demande à quel moment il a compris que ça pouvait vraiment marcher.
Conception, suivi de chantier, et bientôt des certifications
Concrètement, ELLAP propose un accompagnement qui couvre l'ensemble du parcours de travaux : « De la conception, de la consultation d'entreprise, du suivi de travaux, du clé en main et bientôt des contrôles réglementaires soumis à certifications. » Il ne vend pas une prestation isolée, il vend un fil rouge, « un accompagnement complet », qui va du premier échange jusqu'à la livraison. Les clients qui poussent la porte sont aussi bien des professionnels que des particuliers, tous venus « pour réaliser leurs différents travaux ».
La méthode, elle, tient en une idée simple : la présence. « Je suis présent en permanence, en organisant régulièrement des réunions », explique-t-il. Le problème qu'il résout le plus souvent chez ses clients n'est pas financier ou esthétique, il est technique et concret : « Des problèmes de faisabilité principalement. » Quand un client arrive avec un projet flou ou bloqué, la méthode se déroule toujours de la même façon : « On étudie ensemble le problème, on regarde les pistes possibles et je valide avec mes artisans les solutions. » Pas de solution toute faite sortie d'un catalogue, mais une construction pas à pas, avec les entreprises du terrain qu'il connaît et en qui il a confiance.
Rigueur, vérité, et une expertise qui ne se copie pas
Sur un marché où les offres se ressemblent, il ne cherche pas à se différencier par un discours marketing. Sa réponse est directe : « Je suis rigoureux ou très disponible. » Ce qui fait, selon lui, la vraie différence, c'est une culture du travail bien fait : « J'aime l'organisation et la qualité. » Quant à ce qu'un concurrent aurait du mal à reproduire, il ne cite ni un outil ni un process, mais une accumulation d'années : « Mon expertise. »
Ce qui fait rester ses clients, il le résume en trois mots qui ressemblent à une ligne de conduite : « Parce que je dis la vérité, respect du budget et du délais. » Une phrase qui, dans le bâtiment, vaut souvent plus que n'importe quel argumentaire commercial : tenir ses engagements, dans un secteur où les dépassements de délais et de budget sont monnaie courante, devient presque une promesse rare.
Une entreprise créée de A à Z, en un temps record
Le projet dont il est le plus fier illustre exactement cette méthode. Il s'agit de la création complète d'une entreprise et de ses bureaux, un chantier qui commence par des études préalables déjà réalisées, mais avec un risque bien identifié : voir les travaux prendre du retard. Face à cela, il met en place « un plan d'action pour éviter un décalage des travaux ». Le résultat : « un démarrage des travaux avec toutes les études réglementaires », un chantier lancé dans les temps, sans zone d'ombre administrative. Au-delà de ce projet précis, la fierté qu'il revendique aujourd'hui reste la même, simple et constante : « La satisfaction de mes clients. »
2026, une année compliquée, et une méthode retrouvée
Créer une entreprise du bâtiment en pleine incertitude n'a rien d'un long fleuve tranquille. « 2026 et son climat géopolitique est une année globalement compliquée », reconnaît-il, sans fard. Pour autant, il n'a jamais sérieusement envisagé de tout arrêter : « Pas forcément. » L'enseignement qu'il tire de cette période difficile ne concerne ni la trésorerie ni la stratégie commerciale, mais le terrain lui-même.
« Rester au contact des artisans et clients en permanence. »
C'est la leçon qui a le plus compté, celle qu'il applique désormais sans exception. Pour rebondir, sa méthode tient en trois mots : « Agir vite et efficacement ». Concrètement, cela s'est traduit par une réorganisation complète de son quotidien : « Réorganiser mon temps de travail en m'imposant des temps bureau et chantier. » Une discipline de fonctionnement qui, chez un dirigeant seul aux commandes, fait toute la différence entre courir après les urgences et garder la main sur chaque dossier.
La rénovation énergétique, prochain terrain de jeu
Le prochain cap qu'il vise n'est pas un chiffre d'affaires, mais une reconnaissance technique : « Réussir mes certifications. » Ces contrôles réglementaires, encore en préparation, viendront compléter l'offre déjà en place et crédibiliser davantage l'accompagnement proposé aux clients. Parmi les activités qu'il souhaite développer en priorité figure la rénovation énergétique, un secteur en tension en Normandie comme ailleurs, où la demande des particuliers et des professionnels ne cesse de croître face aux exigences réglementaires et aux enjeux de coûts.
Pour autant, grandir ne veut pas dire changer de nature. Interrogé sur l'entreprise qu'il veut construire dans trois à cinq ans, il ne parle ni d'effectifs ni de multiplication d'agences, mais d'équilibre : « Rester une entreprise à taille humaine et une charge stable. » Ce qui pourrait accélérer cette croissance, selon lui, tient moins à un investissement qu'à une reconnaissance progressive : « Ma notoriété en tant que jeune créateur il faut que je me développe. » Et quoi qu'il advienne de la taille de sa structure, un principe reste non négociable : « Un chantier est un chantier qu'importe son ampleur. »
Des collectivités, une franchise, et un engagement qui ne varie pas
Aujourd'hui, ce qu'il recherche en priorité, ce sont des clients professionnels engagés dans des projets d'agrandissement ou de création de locaux. Côté partenaires, il vise une relation de plus long terme avec les collectivités, « pour avoir une constance et vision de travaux à moyen long terme ». Une rencontre en particulier pourrait, selon lui, changer la trajectoire de l'entreprise : celle d'« une franchise qui souhaite s'implanter » sur le territoire.
Pour se faire découvrir, ELLAP propose aux dirigeants et décideurs normands qui liraient ce portrait 10% de réduction sur les visites conseils, une manière concrète d'entamer un premier échange sans engagement lourd, à retrouver sur www.ellapconcept.fr. Une offre pensée pour ceux qui hésitent encore à franchir le pas d'un premier rendez-vous chantier.
Le message qu'il adresse, en filigrane, à quiconque lit cette interview est sans détour : ceux qui cherchent « un suivi personnalisé avec mon engagement » ont une bonne raison de le contacter. Dans dix ans, il ne mesurera pas la réussite de cette aventure à un chiffre, mais à une durée, et à une réputation construite pas à pas : « Durée, et se dire qu'en m'appelant c'est un gage de qualité. »








