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Réparer les satellites en orbite, un marché qui interroge aussi la Normandie industrielle

VIKINGS Rédaction3 min de lecture
Réparer les satellites en orbite, un marché qui interroge aussi la Normandie industrielle

La startup parisienne ARCSPACE annonce une levée de fonds de plus de 2 millions d'euros pour qualifier en vol une technologie de soudage et de découpe par faisceau d'électrons,…

La startup parisienne ARCSPACE annonce une levée de fonds de plus de 2 millions d'euros pour qualifier en vol une technologie de soudage et de découpe par faisceau d'électrons, destinée à intervenir sur des satellites en orbite. L'objectif : réparer des engins qui n'ont jamais été pensés pour l'être, plutôt que de les abandonner dans l'espace une fois hors service. Une ambition technique qui vise un marché naissant, celui de la maintenance orbitale, et qui pose une question directe aux bassins industriels normands, historiquement liés au soudage de précision et à la sous-traitance de haute exigence.

Des compétences déjà présentes à Cherbourg et dans la vallée de Seine

Le soudage à haute technicité n'est pas une nouveauté pour la Normandie. Cherbourg vit depuis des décennies au rythme du nucléaire et du naval militaire, avec des exigences de qualité proches de celles que réclame l'aérospatial. Naval Group et les sous-traitants qui gravitent autour du site cherbourgeois maîtrisent des procédés de soudure sur matériaux critiques, sous contrôle qualité strict, un savoir-faire qui pourrait intéresser un acteur en recherche de partenaires industriels pour ses phases de qualification.

La vallée de Seine, entre Rouen et Le Havre, concentre elle aussi des compétences en mécanique de précision et en ingénierie industrielle, portées par des groupes comme Segula Technologies ou par les fournisseurs de rang deux et trois qui travaillent pour l'aéronautique et l'automobile. Ces entreprises normandes n'interviennent pas aujourd'hui sur le spatial, mais leurs process de contrôle, leurs certifications qualité et leur culture de la sous-traitance exigeante constituent un terrain qui pourrait, à terme, se rapprocher de cette filière émergente.

Un marché encore embryonnaire, mais suivi de près

La maintenance en orbite reste un secteur à construire. ARCSPACE doit encore qualifier sa technologie en vol avant d'espérer décrocher des contrats industriels auprès d'opérateurs de satellites. Pour les décideurs normands, l'enjeu n'est pas immédiat : aucune implantation, aucun partenariat régional n'est aujourd'hui annoncé. Mais l'apparition de ce type d'acteur illustre une tendance de fond, celle d'un new space qui cherche des compétences industrielles solides plutôt que des laboratoires isolés, et qui pourrait, dans les prochaines années, frapper à la porte de PME normandes habituées à la précision et au contrôle qualité.

Les clusters régionaux dédiés à l'aéronautique et à l'industrie, présents en Seine-Maritime comme dans le Calvados, suivent généralement ce type de levée de fonds pour identifier d'éventuelles synergies. Reste à savoir si ARCSPACE, une fois sa technologie qualifiée, cherchera des partenaires de production en dehors de la région parisienne, et si des entreprises normandes se positionneront pour répondre à cet appel d'air industriel encore hypothétique.

D'après FrenchWeb

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